Au cours d’une interview accordée à la Radio Top Congo, le député Jacques Ndjoli a déclaré ceci : « Il est important que, pour des raisons de transparence et d’hygiène, que l’on sache combien touche un député, mais pas seulement les députés mais tous les agents publics». Il est donc très crucial pour des raisons de transparence que le salaire des agents publics soit connu de tous. D’où pour le député de Boende, l’urgence de la tenue d’une conférence nationale sur les salaires en vue de tout clarifier.

Qu’en conclure?

L’idée d’un débat public est très bonne aux fins d’eventrer le boa et de fixer l’opinion nationale sur cette question épineuse qui semble instituer une criante injustice sociale et du coup fragilise la cohésion sociale de tout un peuple. Mais il faille au préalable scruter les affirmations de Jacques Djoli et en relever les non-dits.. Car à l’entendre parler, une grande confusion est sciemment entretenue sur le fameux salaire de 21.000 $ remis aux députés alors qu’en réalité chaque député touche juste la somme de 14 millions de francs, équivalente à 5.000 $.

Posons-nous alors la question douloureuse : où partent les 16.000$ restants ? Et le projet de l’augmentation de l’enveloppe salariale des députés à 33.000$ servirait-il réellement aux députés ou plutôt à ceux-là qui pratiquent dans l’ombre la rétention d’une grande partie des émoluments ???? N’y a-t-il pas au final un système d’escroquerie institutionnalisé au sommet de l’Etat ?

Le deuxième préoccupation regarde les salaires des agents publics dont la disparité avec celui de députés est tout simplement révoltante. Outre leur disparité, il faut souligner leur insuffisance, leur irrégularité ou leur long retard qui peut s’étendre sur des années. Ici encore une réflexion était déjà faite le Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti, le SMIG congolais, qui avait été revu à la hausse en mai 2018 par la voie du Décret n° 18/017 du 22 mai 2018 portant fixation du salaire minimum interprofessionnel garanti, des allocations familiales minima et de la contre-valeur du logement confirmant le taux de 7075 francs congolais par jour pour un travailleur manœuvre ordinaire. Nota bene : en mai 2018, le taux de change du dollar en franc congolais se négociait à 1620.

Six ans après la publication dudit décret, il importe de faire le bilan et de mesurer les avancées ou les reculs. Une conférence nationale n’y changera pas grand-chose s’il continue de manquer une volonté politique d’appliquer des décisions prises en vue de satisfaire les droits élémentaires du travailleur lambda et si le système d’escroquerie reste toujours érigé au sommet de l’Etat.

By Joel Konde

Joel Konde pour vous informé

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