L’allure que prend le combat de leadership auprès des musiciens congolais de la cinquième génération est source d’inquiétude et ce, à plusieurs titres.

Ils entrent dans des combines inextricables et se livrent une guerre de tranchée en vue d’empêcher leurs collègues de produire un concert ou tout simplement de bénéficier des visas de voyage pour leur staff musical.

Chacun veut être le seul en vue, avec volonté manifeste d’effacer l’autre. La concurrence dépasse le plan strictement artistique pour tomber dans les caniveaux des intrigues et des manipulations populaires. Il y en a qui prennent pour une réelle menace l’ascension d’un tiers. Et qui pis est, le peuple se range derrière l’un ou l’autre pour finir à son tour par ne voir que ce qui ne va pas dans le camp en face ou ne relever tout simplement que les seules insuffisances souvent « imaginaires » en vue de le noyer.

Bref, même la musique divise les congolaises et les congolais qui se targuent des titres étranges tels les “ golois” ou encore les “Warriors “ etc., tout en me demandant personnellement contre qui ils entendent se ranger en ordre de bataille. Une société entière se trouve manipulée sur une vaste échelle et s’incline à se définir pour chacun de ses membres comme “ mutu ya” ( disciple aveugle et fanatisé de..) prêt à se dresser verbalement ou physiquement contre quiconque n’encense pas son gourou. Et les journalistes chroniqueurs locaux en profitent au maximum pour jeter quotidiennement l’huile au feu des polémiques afin de rendre ces dernières plus incandescentes et plus meurtrières.

Les congolais se trouvent compartimentés et disloqués alors qu’ils se veulent en réalité filles et fils d’une seule et même mère-patrie. Ce que je dis au sujet des disciples d’Orphée concerne bel et bien tous les autres secteurs de la vie nationale. Il vous suffit d’observer attentivement la vie de nos acteurs politiques ou de nos leaders religieux pour vous rendre à l’évidence.

S’il y a un sévère avertissement à faire à mes compatriotes, je dirais qu’il n’y a pas pire ennemi contre un peuple que cet état d’esprit généralisé consistant à vouloir émerger seul et à laisser les autres au bas de l’échelle. Cette pathologie de se ranger dans un camp et de prendre les autres qui ne le font pas comme ses adversaires coriaces. Cette manie là de ne vouloir briller qu’en faisant pâlir l’étoile des autres. Et enfin cet abrutissement à large échelle qui pousse tout un peuple à focaliser son énergie sur des futilités pendant que l’armée ennemie est déjà positionnée sur son territoire.

Mais bon sang! Regardez attentivement les autres peuples du monde qui marquent continuellement un net progrès social et vous observerez leur trait caractéristique commun de louer le succès de l’autre, de s’en réjouir et voire de s’en servir comme arme soft power pour la cohésion nationale et contre les forces négatives en présence. Pour eux donc, l’élévation de tous participe à l’élévation de la nation.

Faire de la concurrence loyale dans un domaine déterminé comme celui musical revient tout simplement à donner le meilleur de soi-même, à produire des créations artistiques qualitativement toujours plus élevées en vue de redorer l’ensemble du blason culturel du pays et de défendre ainsi l’image de la nation tout entière sur le devant de la scène internationale.

L’avenir de ce pays en appelle ainsi à la rumba de paix, d’estime réciproque et d’unité nationale et non à celle des castes sectaires formées autour de certains gourous et qui s’avèrent être d’une époque révolue. Aucun congolais ne peut prétendre élever culturellement ou politiquement tout SEUL le grand Zaïre. Changeons vite nos mentalités. Maintenant…

By Joel Konde

Joel Konde pour vous informé

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