Dans son discours d’investiture, le président de la République, Félix Tshisekedi, s’est engagé à ne plus reproduire “les erreurs du passé”. Mais voilà qu’à l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP), la direction générale, vogue la galère ! recrute en masse, comme en 2020 du temps de Covid, alerte l’observatoire de la dépense publique (ODEP).

Par Pold Levi Maweja

publié le 1 février 2024 à 14:24:56
Dans la correspondance adressée au chef de l’Etat, garant de la bonne marche des institutions, l’ODEP a été tranchante. Son P-CA, le professeur Florimond Muteba, prévient, que le régulateur des marchés publics a versé dans les irrégularités lors du recrutement de son personnel. Pour l’ODEP, l’ARMP a, en effet, recruter agents et cadres au niveau de la direction générale à Kinshasa et dans les provinces, sans qu’aucun n’avis de recrutement ne soit publié, question de garantir le caractère concurrentiel au regard de la nature technique de ce service.

En 2023, l’ARMP a aligné un effectif de 171 agents, tous relevant du régime général inhérent à l’administration publique, tels que repris dans le budget 2023 présenté et défendu, à l’Assemblée nationale et au Sénat, par le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge. Pour l’exercice 2024, le budget amené au Parlement par le même Sama Lukonde, fait du RAS, rien à signaler, pour l’ARMP. Il est, en effet, marqué, le chiffre zéro, s’agissant du personnel, alors que le volume de primes non permanentes a sensiblement augmenté de plus de 450,80 millions de francs par rapport à 2023. Il ne peut nullement s’agir d’une erreur ni d’une simple omission car tous les autres services dépendant de la Primature ont des effectifs bien chiffrés, entre autres, la Cellule de gestion technique et administration du bâtiment du gouvernement 115 unités, la Cellule d’analyse des indicateurs du développement 59 agents, la Caisse nationale de péréquation, 60 personnes, etc., L’ARMP dirigée actuellement par un DG ai, Benoît Kalikat Kalembe, et Armand Ciamala comme P-CA, relève directement du Premier ministre, étant aussi un service de la Primature.

Naturellement, la correspondance sous seing du P-CA de l’ODEP, Florimond Muteba Tshitenge, établit une certaine connivence entre la tutelle et l’ARMP sur cette vague des recrutements irréguliers qu’il dénonce, à l’image des gré à gré accordés avec désinvolture dans la passation des marchés publics. “À ce jour, nous déplorons la survivance de cette même pratique de recrutement des agents et cadres dans la direction générale ainsi que dans les provinces, malheureusement sous le couvert de la Primature, tutelle de l’ARMP”, fustige Florimond Muteba.

Rappelant au président de la République, son serment urbi et orbi, du 20 janvier 2024, lors de son investiture pour un second quinquennat (les erreurs du passé ne se reproduiront plus), l’ODEP sollicite son implication pour que “toutes les autorités citées dans ce recrutement irrégulier retirent tous les actes entrepris en violation de l’article 74, alinéa 2 du décret organique de l’ARMP”, et de ce fait “décourager ces anti-valeurs qui, non seulement, ne contribuent à l’efficacité et au bon fonctionnement de l’ARMP, mais aussi ternissent l’image de notre pays vis-à-vis de nos partenaires techniques et financiers”.

Déjà en 2021, la Banque mondiale avait déploré les méthodes de recrutement au sein de l’organe de régulation des marchés publics.

By Joel Konde

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