Récit d’un survivant nommé Alex

Tant que les réseaux sociaux existeront, du 5 au 10 Juin de chaque Année, je raconterai l’histoire de la guerre la plus meurtrière et impitoyable que j’ai vécue. Afin que le monde n’oublie pas. Afin de lutter contre l’Amnésie populaire

JOUR 1: Lundi 05 Juin 2000.

  1. J’avais 15 ans, c’était un lundi d’apparence ordinaire, nous étions tous au Collège du Sacré Cœur (Maele) comme d’habitude. La descente aux enfers s’était enclenchée à 9h55′ (5’avant la récréation)
  2. la guerre avait éclaté! C’était très brutal puisque les premiers sons que nous avions entendus n’étaient pas des sons de tirs à l’AK47, mais le grondement de 3 grosses bombes qui avaient éclaté juste derrière la direction de notre Collège. Jdevais “faire l’aîné” puisk jdevais aller chercher mon Gd-frère ds sa classe m. Ya Guy avait 4 ans de plus que moi mais Il était plus stressé que moi; il avait djà été atteint par 1e balle & des éclats de roquette durant la guerre de 3 jrs qui avait eu lieu 1e année plus tôt.
  3. Quelques minutes plus tard, mon gd-frère, moi, et plusieurs autres centaines d’élèves nous étions réfugiés ds la gde salle de l’école (j’étais personnellement sous le podium). Tentant de comprendre ce qui se passait, et recherchant comme on pouvait des infos par du bouche à oreille.
  4. Quelques échos/rumeurs/infos commençaient à nous parvenir: C’était la guerre! Et nous apprîmes que des militaires Rwandais avaient pris en otage quelques élèves de l’athénée de Kisangani, et qu’ils les obligeaient à porter des caissons de munitions (balles, chargeurs, grenades).
  5. Nous avions fini par comprendre que nous étions dans un gros pétrin et qu’il fallait à tout prix quitter l’enceinte de l’école, de peur que des militaires Rwandais ne tombent également sur nous, même si le prix à payer serait de braver la mort.

Nous décidâmes de flirter avec la mort et de quitter le Collège Maele sous les tirs intensément nourris d’armes de guerres, des mortiers et d’autres équipements militaires dont nous n’avions jamais entendu parler, espérant atteindre la maison sains et saufs…

… Nous étions une quinzaine d’élèves qui habitions le quartier des musiciens, le bloc universitaire, ainsi que le Plateau Boyoma.

  1. Le Collège Maele était situé à quelques centaines de mètres du Gouvernorat de Province, mais également de la résidence officielle du Commandant Laurent Nkunda (à l’époque). Et étant à portée de vue des militaires du « Commandant », ILS ONT OUVERTLE FEU SUR NOUS!

Je n’avais que 15 ans et je me faisais tirer dessus pour la 1ère fois! #HistoireVraie. Nous avons fini notre course dans un gros caniveau qui reliait le Collège Maele au Lycée Mapendano (ceux qui connaissent Kisangani voient exactement de quoi je parle).

  1. Et sur un chemin que nous parcourions en 20 minutes (Trajet Maison – École), nous avions passé ce jour-là 4 heures de parcours sous les balles avant d’atteindre notre maison, mon grand-frère et moi.

Sur le chemin de notre calvaire, il nous arrivait d’entendre des bombes tomber sur des maisons et décimer en un clin d’œil des familles entières.

Excepté des cris et des pleurs quand des drames arrivaient, même les oiseaux avaient arrêté de chanter! Personne d’entre nous n’osait l’ouvrir même une seconde !

  1. À 13h passé, nous avions enfin atteint notre maison sur la 6ème avenue Plateau. À notre arrivée, un intense affrontement a éclaté sur notre avenue, au point qu’on a dû passer 5h de temps face contre terre (pas au sens figuré).

Pour vous donner une idée, nous avions rencontré Papa Sangwa Tito (à l’époque employé de la Banque Centrale du Congo) coincé chez nous. C’était notre voisin et un grand ami à mon père.

Sa maison et la nôtre n’étaient séparées que par un mur mitoyen, mais il lui avait fallu plus de 5h de temps pour rejoindre sa maison.

  1. Et pour finir Rwandan political leaders have been killing congolese for over a decade ! Dire #RwandaIsKilling est d’ailleurs très clément !
    Je ne souhaiterai jamais que ma fille grandisse en faisant face aux mêmes atrocités que moi! Je me battrai autant que je pourrai pr dire STOP.

J’invite tous les ressortissants de Kisangani ayant connu la guerre de 6 jours en 2000 entre les armées Rwandaise et ougandaise de partager pendant 6 jours, soit des photos, soit leurs histoires pour que le monde n’oublie pas le tort irréparé qui nous a été causé.

J’écris cette histoire pour qu’un jour personne n’ose l’écrire à notre place. Un projet de livre, de spectacle musical et de bande dessinée est en cours (oui, il ne faut pas que nos enfants ignorent notre histoire).

Si Vous aimez la RDC en tant que fils/fille, ou que vous en êtes ami, énorme Merci à Vous de partager ce thread. Faisons-le tourner sur la toile afin qu’un jour personne ne tente d’effacer cette partie de NOTRE HISTOIRE.

Rendez-vous demain dimanche pour le récit du 2 e jour de guerre de Kisangani

By Joel Konde

Joel Konde pour vous informé

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