Vous avez, je l’espère bien, pris connaissance du graphique publié ce matin sur mon mur facebook et qui reprenait par ordre d’importance la liste des pays largement dépendants des importations du blé venant de l’Ukraine. Vous avez tout aisément compris de quelle manière la guerre qui sévit dans ce pays a le pouvoir d’impacter profondément sur la sécurité alimentaire et sociale de la RDC. La preuve est là : le pain dit communément “pain carré” qui coûtait 300 FC en janvier 2020 coûte ces jours-ci plus que le double de son prix ancien dans la capitale congolaise.

Ceci dit, la grande dépendance en fourniture du blé de la Rd Congo vis-à-vis de l’Ukraine devient une question éminemment politique en cette période où la guerre sévit dans ce pays, mettant carrément à l’arrêt, l’outil de production agricole. La crise politique et sécuritaire dans ce pays européen aura nécessairement sur la RDC, des effets d’entraînement en termes de pénurie de la farine et de la flambée du prix du pain et de tous les succédanés. Beaucoup de pays du monde dont le nôtre sont en train d’être pris de court et, par manque d’alternative, ils risquent de se voir bousculés par de fortes tensions sociales.

Pourtant tout n’est pas morose! Je crois personnellement que cette crise alimentaire en Ukraine peut aussi donner des idées au gouvernement congolais. Car, d’après de nombreux experts militaires de grande notoriété, cette guerre va pour durer pendant des années au regard de l’implication directe des américains dans l’état-major ukrainien et de la livraison des armes sophistiquées qui ont déjà réussi à couler le navire de guerre russe. Ce prolongement de conflits compliquera davantage la crise mondiale du blé dont une si grande partie provient du sol Ukrainien. C’est donc sur ces entrefaites que les dirigeants congolais doivent faire preuve de beaucoup d’imagination pour tirer large profit de cette nouvelle géopolitique alimentaire. Comment ?

Primo en concentrant une bonne partie de leur politique et de leur budget sur le développement de la culture extensive du blé et tant d’autres produits alimentaires, faisant ainsi du Congo le nouveau grenier alimentaire du monde vers lequel se tourneront les yeux du monde pour compenser cette carence du blé.

Secundo, ce plan national dénommé “ CONGO GREEN” ( CONGO VERT) aura l’avantage de compenser la trop large dépendance de l’économie nationale du commerce de minerais. Une RDC devenue le Grenier Agricole du Monde se rendra capable de nourrir sa propre population et à alimenter le vaste marché de l’Afrique orientale où ele venait d’adhérer sinon de répondre à la grande demande de blé pour le reste du monde.

Une telle vision politique serait salutaire tant sur le plan interne que sur l’échelle mondiale, dans la mesure où elle sera susceptible de créer beaucoup d’emplois locaux, donnera l’autonomie alimentaire au peuple congolais et augmentera indéniablement les réserves nationales en devises étrangères de par l’exportation du reste de la production.

Gouverner, n’est-ce pas se donner une grande vision pour l’avenir de son pays? N’est-ce pas prévoir et anticiper, sur le long terme, de grandes orientations qui tirent profit de la realpolitik internationale pour mieux défendre les intérêts vitaux du pays? En voici donc une des bonnes pistes entre les mains des dirigeants congolais.

By Joel Konde

Joel Konde pour vous informé

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